Potton d’antan – Yesterdays of Potton

Cette publication constitue l’édition Web du document original dont les données de catalogage figurent ci-dessous.  La version originale bilingue a été recomposée en deux documents distincts pour alléger la lecture en français et en anglais.

Serge Normand
Webmestre, janvier 2012

Données de catalogage avant publication (Canada)

Leduc, Gérard, 1934-
Rouillard, Paul, 1933
Potton d’antan – Yesterdays of Potton
Les débuts d’un canton – The Beginnings of a Township
ISBN 2-9805510-0-7
Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Québec, 1997

Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Canada, 1997
Legal deposit, National Library of Canada, 1997

Avant-propos

En 1996, l’Association du patrimoine de Potton présenta une exposition de photos anciennes du milieu. Par la suite, plusieurs ont suggéré qu’elles soient publiées dans un livre. L’idée était lancée et le 200e anniversaire du canton de Potton en 1997 nous donnait l’opportunité de répondre à ce désir. II fut décidé d’inclure un chapitre sur l’histoire des débuts du canton, qui commença avec la signature des lettres patentes par le roi George III, le 31 octobre 1797

Les photos anciennes sont un témoignage vivant d’une période plus récente, soit d’environ 1890 à 1950, illustrant ce qui a été vécu ici, que ce soit les gens chez eux, le travail, la religion, les vacances d’hôtel, les transports, etc.

L’Association du patrimoine de Potton Inc. est fière de s’associer aux résidants du canton de Potton pour célébrer son bicentenaire. Nous avons ici l’occasion de mettre en lumière non seulement des dates, des événements,  des anecdotes, mais surtout d’illustrer comment s’est fabriqué ce tissu social qui a créé ce canton à partir de gens de diverses origines ethniques et religieuses, qui, comme moi, ont choisi de vivre ici pour la qualité exceptionnelle de son environnement.

Ce retour en arrière dans la vie de Potton fut pour moi une expérience des plus gratifiantes et touchantes. La lecture et les méandres de la recherche à travers noms, dates et endroits, événements heureux ou tragédies m’ont amené à une plus grande appréciation de ce coin de pays.

Il y a encore beaucoup à explorer et à connaître de notre passé, et je demande au lecteur de m’être indulgent pour les inexactitudes ou omissions qui ont pu se glisser. L’Association est particulièrement reconnaissante à Paul Rouillard sans qui cet ouvrage ne se serait pas réalisé. Il fut une source d’enthousiasme et de connaissances de son milieu.

Nous espérons que ce livre saura rejoindre toute notre population; lui permettant de mieux apprécier ses racines et, de ce fait, promouvoir sa fierté.

Gérard Leduc
7 juin, 1997

Notes au lecteur :

Les chiffres entre parenthèses réfèrent au catalogue de photographies à la suite des annexes. Les noms entre parenthèses réfèrent à la bibliographie à la fin du texte.

Géographie du canton de Potton

Le canton de Potton est situé dans les Cantons-de-l’Est, au Québec, et ses dimensions furent établies en un quadrilatère d’environ 16 km (dix milles) de côté. Une carte routière du canton de Potton datant de 1881 est présentée en annexe 1. Le canton est limité au sud par l’État du Vermont, à l’est par le lac Memphrémagog, au nord par le canton de Bolton et à l’ouest par les monts Sutton. C’est un territoire rural administré par la Municipalité du Canton de Potton, située à Mansonville. En plus, on y compte plusieurs hameaux dont trois sur les rives du lac Memphrémagog, soit Leadville à la frontière sud, Vale Perkins au centre et Knowlton’s Landing près de la frontière nord. Au coin sud-ouest du canton se trouve Dunkin (West Potton) et, au sud, près de la frontière des États-Unis, Mansonville Station, aujourd’hui Highwater.

Le territoire est vaste et montagneux, il se situe dans les contreforts des Appalaches, et est couvert de forêts où prédominent les bois francs. Le lac Memphrémagog est un des éléments naturels marquants du paysage du canton et il joua un rôle déterminant dans son histoire.

À l’intérieur, on compte deux lacs, soit l’Étang Sugar Loaf et l’Étang Fullerton. Ce dernier fut créé vers 1911 par un barrage en maçonnerie. Les principaux cours d’eau sont: la rivière Missisquoi qui traverse le canton du nord au sud, coulant vers le lac Champlain, le Mud Creek qui se jette dans la Missisquoi Sud et, enfin, le ruisseau Ruiter, un affluent de la Missisquoi qui prend sa source dans le bassin de drainage de l’Étang Fullerton.

Pour revenir à la rivière Missisquoi, une carte de l’État de New York de 1779 donne le nom de “Deep Still wr” probablement pour indiquer une rivière au cours profond et tranquille. Ce n’est pas tout à fait le cas quand on connaît les rapides de Bolton et la chute de Mansonville; en été, l’eau est loin d’être profonde. Le nom de la branche sud de la rivière donné sur cette carte est “Missiskoui”, un nom d’origine autochtone.

Le canton de Potton fut une région agricole très active, axée principalement sur l’industrie laitière, et, bien que réduites aujourd’hui, les bonnes terres sont encore exploitées. On retrouve donc un paysage varié qui comporte de vastes vallées et des montagnes pittoresques.

Les Autochtones dans Potton

L’origine du territoire des Cantons-de-l’Est se situe dans l’ancien comté de Buckinghamshire qui comprenait les terres sises entre les seigneuries au sud du St-Laurent et la frontière américaine. Les limites est et ouest étaient respectivement la rivière Chaudière et les seigneuries du Richelieu. Ce territoire sera divisé en “townships” par l’administration coloniale anglaise au cours des années 1790 et c’est à ce moment que commence l’arpentage du territoire alors presque exclusivement habité par les Abénakis tandis que les Iroquois ont pu étendre leur territoire jusqu’à la hauteur de Cowansville. Les Abénakis eux, victimes du colonialisme anglais, ont dû quitter leurs terres ancestrales plus au sud et maintes fois se déplacer au gré des conflits entre Français et Anglais.

C’est vers la fin du 17e siècle que les autorités françaises leur ont concédé des terres sur la rivière Chaudière. Comme ce fut souvent le cas ailleurs au Québec, la mission fut déplacée à St-François-du-Lac à l’embouchure de la rivière du même nom, endroit appelé Odanak. Au moment de la colonisation, il y avait un autre village Abénaki dans la région, soit à Swanton au Vermont, sur le lac Champlain, à l’embouchure de la rivière Missisquoi.

Les Abénakis se sont trouvés coincés par les hostilités entre Anglais et Français qui voulaient contrôler le territoire au sud du St-Laurent. Cette guerre que les Américains appellent “The French and Indian War” fut en partie menée comme une guérilla et les Français ont utilisé les Abénakis pour lancer des raids contre les colonies de la Nouvelle-Angleterre. On a fait des prisonniers, hommes et femmes, qui furent ramenés ici et qui se sont intégrés à la Nouvelle-France. En 1757 c’est le fort William Henry situé sur le lac George qui subit un massacre par les Autochtones.

II y eut des attaques de représailles et l’une d’elles fut très coûteuse pour les Abénakis. La mission St-François fut attaquée en 1759 par les Rogers’ Rangers et la plupart des habitants de la mission furent tués. Ces mercenaires (Rogers’ Rangers) partis du New Hampshire étaient dirigés par le major Robert Rogers, une figure célèbre dans l’histoire américaine qui dirigeait son camp d’entraînement sur l’île Rogers située sur la rivière Hudson.

Sauf pour la mission Odanak, les Abénakis n’eurent que peu d’influence sur l’écologie du paysage des Cantons-de-l’Est puisque leurs activités se limitaient à des camps temporaires de chasse et de pêche. Ici, dans Potton en 1796, Josiah Elkins de Peacham (Vermont) fait état de groupes d’Abénakis qui avaient l’habitude de camper lors de leurs excursions de chasse et pêche.

Les premières années du canton de Potton

La Révolution américaine et les Loyalistes

Sauf pour une présence peu nombreuse des Abénakis, le territoire des Cantons-de-l’Est demeura inhabité jusque vers 1790. C’est la Révolution américaine qui se termina avec le traité de Versailles en 1783 qui allait changer le cours de notre histoire. Les treize colonies américaines deviennent indépendantes, mais les Loyalistes demeurés fidèles à l’Angleterre se retrouvent poursuivis et persécutés par les «patriotes». Ils doivent s’exiler. Des milliers se sont fixés en Nouvelle-Écosse et en Ontario, environ 2000 gagnent le Québec où ils s’établissent surtout à Sorel et en Gaspésie. Un petit nombre se fixe en squatters à la Baie Missisquoi d’où ils font pression sur le gouverneur Haldimand afin d’obtenir officiellement des terres le long de la frontière.

Les Britanniques hésitaient à permettre aux Loyalistes de s’établir près de leur ancienne patrie où ils avaient encore parents et amis qu’il leur serait difficile de combattre en cas de conflit. Un de ces Loyalistes bien connu fut le capitaine Hendrick Ruiter un hollandais d’origine qui combattit les rebelles américains dans la région d’Albany, N.Y. puis dut se réfugier pendant trois mois dans les bois de la région. Finalement, il s’exila seul à St-Jean laissant sa femme et ses deux fils menacés par les rebelles américains. En 1780, il supplie le Gouverneur Haldimand de permettre à sa femme et ses fils d’entrer au Canada, ce qui fut fait. Ils durent, par la suite, avec d’autres Loyalistes, vivre longtemps dans une sorte de camp de réfugiés, le Manoir Caldwell, à la Baie Missisquoi. Ce n’est qu’en 1796 et en reconnaissance de ses loyaux services à la Couronne Britannique qu’il obtiendra sa concession dans le canton de Potton. Il y fonda le hameau de Dunkin qui s’appelait alors West Potton.

L’arpentage et les premiers colons

C’est la pression des Loyalistes qui força le gouvernement à entreprendre l’arpentage des terres (2). Pour le canton de Potton, c’est Jessie Pennoyer qui en fut chargé en 1792 et c’est le 31 octobre 1797 que furent signées les lettres patentes du canton de Potton. Le nom de Potton, d’origine britannique, est celui d’un manoir qui reçût ce nom en l’an 1366. On y retrouve aussi le village de Sutton tout près.

Ce n’est qu’en 1803, un 28 juillet, que l’acte de subdivision du canton de Potton fut signé par le roi George III. En ce temps-là, on n’attendait pas les actes officiels pour s’établir. Ainsi, bon nombre de «squatters» américains, d’ex-soldats de l’armée révolutionnaire et des Loyalistes s’établissaient un peu partout dans les Cantons-de-l’Est tant et si bien que dès 1796, on recensait près de 300 personnes dans Potton. Ces chiffres apparaissent sur des listes provenant des Archives publiques du Canada (APC) et elles furent recopiées par Mme Mildred George pour la Société d’histoire du comté de Brome. La liste de ce recensement incluant le nom des colons est présentée en Annexe 2.

Ces chiffres indiquent un nombre de colons plus grand que présumé jusqu’ici. Par exemple, un recensement (APC, General Census) en 1803 ne rapporte que 184 âmes réparties dans 34 familles. Les méthodes de recensement variaient. Soit que les données étaient recueillies sur place, ce qui semble avoir été le cas ici, soit que l’on estimait la population à partir du nombre de lots concédés ou achetés.

Ce n’est qu’en 1803 que la subdivision cadastrale du canton devint une réalité. Il est évident que les noms des squatters ne figuraient pas sur les listes cadastrales, mais ils étaient très nombreux à avoir répondu à une Proclamation de 1792, par le Gouverneur Allured Clark, invitant les Américains des états voisins à venir coloniser les terres en friche du Canada.

On ne connaît pas l’auteur des listes de ces recensements, mais elles nous apparaissent authentiques. Leurs sources sont crédibles (APC) et on a pu contre-vérifier l’exactitude de certains noms comme celui de Robert Manson mentionné comme meunier en 1825 ou encore, pour le canton de Bolton, le nom de Nicholas Austin qui y figure en 1794, ce qui est conforme à son histoire.

Vale Perkins

En 1789, Nicholas Austin un riche Quaker de Dover au New Hampshire, demande une concession sur le bord du lac “Mumphry Magog” pour lui et 74 associés. Peu après, sans autorisation, il engage des hommes et s’installe à Vale Perkins tout près du lieu où l’on dit que les Autochtones amorçaient leur portage vers la rivière Missisquoi en suivant un sentier entre Vale Perkins et Mansonville.

II construisit une maison en bois rond (1) près du site du quai de Vale Perkins et défricha plus de 1300 pieds de terrain à partir du lac. Il alla même jusqu’à débarrasser la rivière Missisquoi des arbres tombés pour la rendre navigable jusqu’au Vermont dépensant plus de six cents dollars pour ces travaux, une somme énorme pour l’époque (Epps, 1992). Mal lui en prit car cette occupation n’était pas autorisée et le gouverneur Lord Dorchester lui ordonna de quitter les lieux. En 1792 Austin s’installa dans la baie Austin, canton de Bolton et Samuel Perkins s’installa à sa place l’année suivante.

West Potton- Dunkin

Une autre concession importante fut octroyée à Hendrick Ruiter qui reçut 2,400 acres de terrain pour lesquels il eut toutefois à défrayer des sommes considérables pour l’arpentage et les titres de propriété. Par contre, Laughland McLean, capitaine du 84e régiment, British Regulars, reçut 8400 âcres sans aucun frais. Ceci n’est qu’un exemple des nombreuses difficultés rencontrées par les Loyalistes en butte avec le favoritisme politique et la corruption des fonctionnaires.

En 1796, a l’âge de 50 ans, Hendrick Ruiter s’établit (7) près du ruisseau qui porte son nom à l’endroit appelé alors West Potton. Ce nom fut changé pour celui de Dunkin, en 1895, en l’honneur de Christopher Dunkin, premier député du comté de Brome à Ottawa après la Confédération.

Ruiter était très entreprenant, et c’est lui qui construisit les premiers moulins du canton de Potton. II avait aussi une distillerie sur le bord du ruisseau, et aménagea en 1797 le premier cimetière (9, 10) du canton pour y enterrer son fils décédé a l’âge de deux ans. Il est lui-même décédé en 1819 à l’âge de 80 ans et fut inhumé près de son fils.

South Potton – Highwater

Ailleurs, dans le canton de Potton, les premiers colons s’établirent d’abord au sud, près de la frontière, là où se trouve aujourd’hui Highwater, mais qui s’appelait alors South Potton. Plus tard, ce même endroit fut appelé Mansonville Station avec l’arrivée du chemin de fer.

En juin 1797, Moses Elkins partit de Peacham au Vermont et arriva avec sa famille, une paire de bœufs et une charrette. En cours de route, deux autres hommes les accompagnèrent. Avec quelques Autochtones, ils commencèrent à défricher puis un Able Skinner vint les rejoindre. Une autre famille bien connue dans Potton fut celle des Perkins qui s’établirent aussi à South Potton. Peter Perkins 2nd était l’arrière-petit-fils de Edward Perkins qui quitta Ufton Court, Berkshire, en Angleterre pour s’établir à New Haven, Connecticut, en 1629.

C’est à l’été 1793 que Peter Perkins et sa famille, son épouse Anna Ames, et leurs deux fils Peter 3rd et Samuel construisirent une maison de bois rond sur une prairie en face de la rivière Missisquoi. Au printemps suivant, ils furent surpris par une inondation où l’eau monta jusqu’au toit. D’où le nom de Highwater! Ils ont abandonné cet endroit pour s’établir en terrain élevé à West Hill Center, tout près de Mansonville, où les suivirent les familles Fullerton, Norris, Elkins, Capt. David Blanchard, Clark et Jersey.

Par la suite, Samuel est allé s’établir près du lac Memphrémagog à Vale Perkins sur le terrain laissé vacant par le départ de Nicholas Austin. C’est là que lui et ses trois fils, Cyrus, John et Ebezner vécurent et moururent.

Meigs’ Corner

À l’automne 1798 c’est Meig’s Corner qui se développa. Ce carrefour était situé entre Highwater et Mansonville à l’intersection de la route 243 actuelle et une route nord-sud traversant la rivière Missisquoi (79) (en arrière de l’ancien moulin à scie). Les pionniers de ce coin furent Jacob Garland et Jonathan Heath qui s’établirent en 1798.

Meigs’ Corner et ses environs prospérèrent rapidement avec une école en 1809, le premier magasin exploité par Levi A. Coit, un bureau de poste et deux distilleries, dont une appartenant à la famille Heath et l’autre à David Perkins. II semble bien que, comme aujourd’hui, les distilleries faisaient partie des nécessités de la vie!

North Potton

Le nord du canton de Potton prit beaucoup de temps à être colonisé et, encore aujourd’hui, la forêt domine la majeure partie du territoire. À l’intérieur, les premières fermes s’établirent le long du chemin Peabody entre 1819 et 1826. La partie sud du chemin de l’Etang Sugar Loaf ne fut ouverte que vers 1870 et, en 1881, la portion nord du chemin Schoolcraft n’apparaît que comme un sentier en friche (Annexe 1). Les premières fermes des Schoolcraft, Traver-Bradley ne s’établirent dans ce secteur que vers 1890.

Knowlton’s Landing devint toutefois un important point de transit pour les voyageurs de la diligence entre Montréal et Boston et obtint le premier bureau de poste du canton vers 1820. En effet, des 1805, une carte manuscrite de Joseph Bouchette montre une route qui part de cet endroit allant vers l’ouest et passant par la passe Bolton.

La route de la diligence passait par Copp’s Ferry, ancien nom de Georgeville, sur la rive est du lac Memphrémagog, et fondée en 1797 par Moses Copp. Cului-ci inaugura le premier traversier reliant Knowlton’s Landing où les voyageurs reprenaient la route vers Montréal. Mentionnons aussi que Knowlton’s Landing (14) fut aussi appelé Tuck’s Landing du nom de John Tuck un supporteur du Parti conservateur et qui fut opérateur de traversier, courtier en douanes, aubergiste du Pine Lodge (aujourd’hui L’Aubergine) (17), maître de poste et conseiller municipal (49). Quand le Parti libéral reprit le pouvoir, on changea de nouveau le nom pour Knowlton’s Landing gratifiant ainsi les Knowlton qui supportaient les Libéraux!

Deux des familles bien en vue de ce hameau furent celles des Knowlton et de John Tuck (49). Celui-ci, originaire de Georgeville et surnommé Uncle John, vécut jusqu’à 93 ans alors qu’il s’occupait encore de la poste. Les Knowlton, une famille loyaliste, s’établirent d’abord à Stukely. Levi Knowlton et son fils de douze ans, Miles, vinrent s’établir ici et furent les pionniers de la ferme Knowlton non loin du débarcadère. Ils construisirent aussi le Pine Lodge vendu plus tard à John Tuck.

Un autre endroit dans le nord du canton connut une ère de célébrité avec la découverte en 1828 par Nathan Mills Banfill de trois sources d’eau sulfureuse au pied du mont Pevee près de la frontière du canton de Bolton. Puisqu’on les croyait dans ce canton, on appela cet endroit “The Bolton Spring” qui allait devenir plus tard le site du célèbre “Potton Springs Hotel” dont nous reparlerons plus loin.

Pour ce qui est du coin nord-ouest du canton, à la tête des eaux du ruisseau Ruiter, il est demeuré jusqu’à aujourd’hui à l’état naturel sauf pour des coupes de bois et l’aménagement d’un lac de barrage: l’Étang Fullerton. Ce lac fut créé par la construction d’un barrage en maçonnerie long de 175 m (environ 400 pieds) que l’on peut à juste titre considérer comme un magnifique exemple de patrimoine industriel. II aurait été construit en 1911 par Sheldon Boright alors propriétaire des forêts avoisinantes.

Note :

On remarque parmi plusieurs prénoms de ces pionniers l’influence des Quaker, chez qui, dit-on, le père choisissait le nom d’un nouveau-né à partir du premier nom propre rencontré en ouvrant la Bible.

Mansonville

Les premiers établissements

Nous avons vu que le canton de Potton s’est ouvert à la colonisation dès la fin du 18e siècle et, en 1796, la population du canton comptait environ 300 personnes (Annexe 2). Par contre, il semble que le village de Mansonville ne commença à se développer qu’une dizaine d’années plus tard et qu’il n’était pas connu sous ce nom. Les cartes de Joseph Bouchette de 1805 et de 1846 donnent les noms de la plupart des premiers villages de la région mais pas celui de Mansonville. D’autre part, une carte militaire du Col. Charles Gore datée 1839 indique l’emplacement de Mansonville par l’appellation de “Manson’s Bridge”.

Il semble bien que c’est le pouvoir hydraulique de la rivière Missisquoi qui favorisa le développement de Mansonville. C’est le 27 mai 1803 que le lot 9 du rang 5, où se trouve la majeure partie du village fut octroyé à Abraham Ruiter, fils de Hendrick Ruiter. D’autres sources disent que Hendrick en était le propriétaire. La même année, Joseph Chandler et John Lewis considérés comme les pionniers de Mansonville achetèrent ce lot (d’Abraham ou de Hendrick Ruiter) et commencèrent la construction d’un moulin à scie. En 1807, la première école du canton se construisit du côté est de la rivière, et on peut présumer qu’il y avait un pont pour s’y rendre.

La famille Manson

En 1811, Chandler devint l’unique propriétaire du moulin et le revendit la même  année à Robert Manson dont le nom apparaît déjà au recensement de 1796 et qui allait donner son nom au village. Manson érigea un autre moulin, celui-là à grain, du côté est de la rivière, en aval du pont qu’il a aussi présumément construit puisqu’il portait son nom. Plus tard, en 1829, James Manson, le fils de Robert, construira un moulin à fouler et un moulin à carder.

La guerre anglo-américaine de 1812 ralentit le développement du village et plusieurs citoyens du canton retournèrent aux États-Unis après celle-ci. En 1824 l’activité reprit et William Manson, frère de Robert, ouvrit un magasin y incluant une taverne, puis en 1836, ce fut un hôtel offrant “divertissements pour homme ou brute” ouvert par Christopher Armstrong; à cette époque les hôtels étaient désignés sous le nom de “Maisons de divertissement public” (pubs). James Manson en devint propriétaire en 1866 et le nomma Manson’s Hotel Cet établissement apparaît sur la carte du village de Mansonville de 1864 (Annexe 3) et sur une peinture de 1870 (27) à l’endroit où se trouvait l’Hôtel Mansonville qui brûla en 1983. Vers 1850, William Manson donna une partie de sa terre pour en faire une “commune”. C’est cette parcelle de terrain qui devint la Place Manson (26).

James Manson construisit aussi le premier magasin général de Mansonville en 1824 puis le premier “Town Block” à l’endroit de l’actuel hôtel de ville. Cet édifice construit en 1834 abrita la Eastern Township Bank (aujourd’hui la Banque Canadienne Impériale de Commerce) établie en 1904, les bureaux de la municipalité (incorporée en 1855) et des douanes ainsi qu’un salon de coiffure. Il brûla en 1910.

Un de ses fils, David, construit en 1875 la Maison Manson (36, 37) située au coin des chemins Bellevue et Vale Perkins, prend la succession du magasin et reconstruit le deuxième “Town Block” (25, 132) qui garda les mêmes fonctions et les mêmes locataires jusqu’au deuxième incendie en 1923. David Manson s’illustra aussi dans plusieurs domaines de la vie publique, notamment comme maire de Mansonville en 1875, député conservateur à Ottawa, membre fondateur de la loge maçonnique de Mansonville (33) et Grand Maître de la Grande Loge Maçonnique du Québec. II décéda à l’âge de 88 ans, le 9 février 1929. On a ici la marque d’une famille qui, pour plus d’un siècle, dirigea les destinées économiques et politiques du village.

Autres pionniers de marque

Dans ce bref aperçu des origines de Potton, on ne saurait passer sous silence le rôle des Boright et des Oliver dans l’économie de Mansonville.

Les frères Boright, Nelson et Sheldon avaient une ferme du côté est de la rivière et un magasin dans le village à l’endroit de l’épicerie Axep d’aujourd’hui. Sheldon enseigna l’arithmétique à l’école No. 7 (109) et fut maire de 1896 à 1900. On lui attribue la construction du barrage de l’Etang Fullerton vers 1911 et, à sa mort, il était le plus grand propriétaire foncier du canton.

Un autre homme d’affaires de marque fut William Oliver de descendance écossaise. II arriva de Farnham Center vers 1870 et ouvrit un magasin général à l’endroit où se trouve la deuxième maison au sud de la Banque Canadienne Impériale de Commerce du même côté de la rue. La maison près de la banque était leur résidence. Les Oliver eurent deux fils, William et Carleton, qui exploitèrent le magasin (92) puis devinrent tour à tour députés de Brome à Québec. William fut propriétaire de la grande maison, aujourd’hui un gîte touristique, située un peu plus bas au sud du village sur la rue principale.

Le statut de Mansonville

Le village de Mansonville s’est développé comme le centre industriel, économique et administratif du canton de Potton tandis que les hameaux gardaient une vocation rurale basée sur l’exploitation de fermes.

Selon Shufelt (1965), le nom de Mansonville apparaît pour la première fois sur une carte régionale publiée par Hiram Corey en 1845, où le site du village est appelé “Potton Corner-Mansonville”; on y indique aussi la présence de moulins. Ce nom est confirmé dans le Canada Directory de 1851-1852 comme «Potton or Mansonville» et sur la carte des Cantons-de-l’Est de Walling (1864) où l’on voit un plan du village «Mansonville (Potton)» illustré en Annexe 3.

En fait, c’est le 1er juillet 1855 que la Municipalité du Canton de Potton fut incorporée en vertu de l’Acte des municipalités et des chemins du Bas-Canada de 1855 qui statua aussi qu’elle fut gouvernée par un maire et six conseillers. À cette époque, le village comptait environ 150 personnes (Directory 1867-1868) et le premier maire fut G.B. Rolleston en 1855 pour un terme d’un an. La liste des maires jusqu’à aujourd’hui est présentée en Annexe 4.

L’économie de Potton

L’économie locale fut essentiellement basée sur l’exploitation des ressources naturelles, ce qui amena de nombreux moulins, et ceci, au tout début.

Les moulins

Hendrick Ruiter construisit les premiers moulins sur le ruisseau Ruiter: un à scie et l’autre à grain. La région de Vale Perkins connut plusieurs moulins, dont deux, sur le ruisseau Vale Perkins. C’est toutefois à Mansonville que la construction et l’opération de moulins furent les plus diversifiées et prolongées. Dès 1803, Chandler et Lewis construisirent le premier moulin à l’endroit dit de la COOP au pied de la rue Mill. Un moulin à scie fut construit en face, du côté est de la rivière et deux autres un peu en aval, alimentés par un deuxième barrage en dessous du pont actuel sur la rivière Missisquoi (30-31). Selon la carte Walling de 1864 (Annexe 3) il y avait dans Mansonville cinq moulins: un à tisser, deux à scie, un à tanner et un à grain.

Plus tard, en 1903, Charles Brouillette installa un générateur d’électricité actionné par une turbine à eau sur une petite île située entre le moulin de la COOP et le pont. Les débuts de l’électricité à Mansonville ont une saveur bien romantique puisque le courant électrique fut enclenché la veille de Noël, juste avant la messe de minuit. Cette installation hydroélectrique et l’île devinrent plus tard la propriété de la Mansonville Utilities.

Au cours des ans, les moulins changèrent de propriétaires et de fonction, mais leur histoire se termina toutefois en catastrophe les 3 et 4 novembre 1927 lors d’une inondation dévastatrice qui emporta les deux barrages sur la rivière. De plus, les bâtiments emportés par la crue des eaux démolirent le pont couvert (30) qui enjambait la rivière à l’endroit du pont moderne d’aujourd’hui. Ce fut l’inondation du siècle. Pour avoir une idée de l’importance de la crue qu’il suffise de rappeler que le niveau d’eau du lac Memphrémagog s’éleva de plus de trois mètres (130-131). Mansonville se retrouvait donc soudainement privée de ses cinq moulins, d’électricité et de son pont. II fallut de longs mois avant de pouvoir ramener le courant d’abord de Newport puis de North Troy (Vermont).

L’agriculture

Comme partout ailleurs dans les Cantons de l’Est c’est l’agriculture (62-67) qui assura la subsistance des premiers arrivants dans Potton. Le climat, la topographie et la qualité des sols n’étaient toutefois pas favorables aux grandes cultures commerciales. Ce sont donc les pâturages et la culture du foin qui ont supporté une l’industrie laitière florissante qui alimenta plusieurs beurreries et fromageries (4-67).

L’élevage du mouton fut aussi important. En 1832, on en comptait plus de 1,000 têtes à comparer avec quelque 400 porcs et 400 vaches (Recensement de Bouchette rapporté par Archéobec, 1993). Aujourd’hui l’élevage du mouton est complètement disparu, probablement à cause du climat peu propice.

Cette économie agricole de Potton alors très florissante déclina, car elle ne put supporter la compétition de l’industrialisation agricole des grandes terres de la plaine du St-Laurent et l’immigration de la main-d’œuvre vers les grands centres urbains du Canada et des États-Unis.

L’industrie forestière

L’industrie du bois fut la clef de l’économie de Potton (68-69). La forêt dominée par l’érable et le hêtre, et aussi de bons boisés de conifères fournissaient non seulement le bois nécessaire à la construction locale, mais devint rapidement une source d’exportation ailleurs au pays et aux États-Unis. Un exemple de cette industrie fut celle de la compagnie Singer qui établit un moulin à scie et un véritable village de bûcherons (70-71) avec tous les services essentiels pour obtenir le bois nécessaire à la fabrication des cabinets de moulins à coudre. Ce complexe forestier était situé au nord du chemin Ruisseau Ruiter.

Pour le transport du bois, tous les moyens étaient bons: route, traîneau (72-73), eau et, plus tard, le train (69). La rivière Missisquoi servit pour le flottage du bois mou vers les moulins de Mansonville ou de Richford au Vermont tandis que l’on tirait des trains de radeaux de bois sur le lac Memphrémagog vers Newport.

Les mines

Dans son ensemble, le territoire des Cantons-de-l’Est offrait de riches dépôts miniers : fer, cuivre, plomb, or, argent, etc. Ces mines ont autrefois joué un rôle important dans l’économie mais elles ne sont plus exploitées aujourd’hui. Le canton de Potton ne fit pas exception et compta plusieurs mines.

Cuivre

II y eut la mine de cuivre située du côté ouest du mont Hogsback (74). C’est la compagnie Memphremagog Mining Company qui l’exploita du début du siècle jusque vers 1915 d’où l’on a extrait environ 800 tonnes de minerai durant cette période (Bancroft, 1915).

Amiante

Cette mine désaffectée se trouve au sud-est de Mansonville et comprend un tunnel horizontal, deux galeries latérales et un puits vertical. La mine fut exploitée sur une brève période au début du siècle.

Plomb et argent

Sous le versant sud du mont Owl’s Head se trouve une ancienne mine de plomb qui a donné son nom à Leadville un hameau au coin sud-est du canton, près de la frontière du Vermont. L’entrée de la mine s’ouvrait du côté du lac, au bord de l’eau.

La prospection minière de 1862 rapporta d’intéressants gisements de plomb (galène) et d’argent. La mine fut exploitée par la Glen Falls Mining Company en 1900 ou 15 hommes furent employés, mais pour un court laps de temps dû au manque de capitaux. Il n’y eut pas d’exploitation subséquente (Darrah, 1977).

Stéatite ou talc

Le long de la vallée de la rivière Missisquoi, du côté ouest s’étend du nord au sud un dépôt de serpentine de type stéatite commercialement connue sous le nom de talc. Des gisements sont identifiés sur une carte de 1860 à la hauteur des chemins Peabody et Traver. Le talc fut exploité par la compagnie Bakertalc Inc. au sud du canton, d’où le nom de chemin de la Mine. Plus tard, ce fut au nord du canton (chemin Bakertalc) et, enfin, dans une mine à ciel ouvert le long de la route 243 entre les chemins Traver et Peabody. Cette dernière opération cessa après quelques années.

Transports

Une condition essentielle à toute pénétration de la colonisation fut l’ouverture de chemins carrossables (75). Ceux-ci allaient permettre l’accès aux sites habités, les échanges commerciaux et le transport des matériaux exploités. II est remarquable de constater combien rapide fut le développement du réseau routier, d’un service de traversiers sur le lac Memphrémagog et des chemins de fer.

Les routes

Nicholas Austin se vit octroyer le canton de Bolton en 1792 et la construction d’un chemin traversant le canton du sud au nord jusqu’à Bolton, une distance d’environ 18 km. Une carte de Joseph Bouchette de 1805 décrit ce chemin ainsi qu’un autre partant de la Pointe Gibraltar en direction ouest vers Bolton. En 1800, une carte par Duberger indique une route venant de North Troy (Vermont) passant au sud de Potton et se dirigeant vers l’ouest à travers le canton de Sutton en direction de la seigneurie de St-Armand. En 1839 une carte militaire du Col. Charles Gore illustre les grands axes routiers de l’époque soit la route Leadville-Mansonville-West Potton et la route nord-sud, la 243 actuelle.

Sur la carte de Gore, on note que l’emplacement de Mansonville est indiqué par “Manson’s Bridge” et sur une autre carte militaire de 1863 le chemin Leadville s’appelle “King’s Highway”. II faut apprécier le contexte militaire des premiers chemins à une époque où le Canada a vécu en 1812-13 sous la menace des États-Unis. Plus tard, c’est la Rébellion de 1837-38 qui a eu ses répercussions jusqu’ici suscitant de la sympathie chez les voisins du Sud. II y eut quelques incursions dans Potton où s’organisa une petite milice appelée “Potton Guard” sous le commandement de Thomas Guilman qui se servit de la Place Manson comme terrain de parade. On pouvait aussi compter sur une escouade à cheval pour la patrouille.

II y avait une très longue frontière à protéger et il était essentiel d’avoir des cartes militaires de la région pour permettre aux armées d’aller défendre les points stratégiques de la frontière en cas d’attaque. Or justement, la route venant de l’ouest permettait l’arrivée de soldats des garnisons de St-Jean et du Fort Lennox sur le Richelieu.

Enfin, la carte de 1863 et celle de 1881 (Annexe 1) illustrent l’ensemble des routes de l’époque qui totalisaient environ 190 km (114 mi) à comparer à aujourd’hui où ce réseau se limite à environ 155 km (93 mi). Ce qui est remarquable ici est de noter que le réseau routier de Potton avec de nombreux ponts était à peu près complété en 1839 (carte de Gore) avant même l’établissement d’un gouvernement municipal et alors que la population totale du canton atteignait à peine 800 personnes. De plus, selon une étude de Tremblay (1986), au milieu du 19e siècle, il n’y avait pas d’ouvriers spécialisés pour la construction. Comment a-t-on pu construire chemins et ponts (30, 79, 80) avec si peu de ressources?

Chemins de fer

Les débuts de la guerre de Sécession aux États-Unis en 1860 et la demande de cuivre pour l’industrie de guerre stimulèrent l’exploitation de plusieurs mines de cuivre dans les Cantons-de-l’Est ainsi que le développement des chemins de fer. Dans la région, ce furent les mines de cuivre Dillonton et Bolton Mines au sud d’Eastman (le long de la 245) qui en profitèrent. Le minerai fut d’abord transporté à Waterloo par voitures à cheval.

La guerre se termina en 1865 et, en 1870, la Missisquoi and Black River Valley Railway Company construisit le premier tronçon de chemin de fer de Potton Springs jusqu’à Richmond. À ce moment, seul le sud du canton était desservi par un chemin de fer de la South Eastern Railway avec une gare à Mansonville Station, l’ancien nom de Highwater. En 1888 une nouvelle compagnie: la Orford Mountain Railway (OMR) obtint une charte pour développer le chemin de fer et en 1907, inaugura le tronçon de voie reliant Potton Springs à Mansonville (22, 81, 82) et Troy Junction. En 1910, le Canadien Pacifique acheta OMR et exploita le service jusqu’en 1936. Ce chemin de fer servit au transport du minerai de cuivre, du foin vers les États-Unis, du bois de sciage, de pulpe et de chauffage. Il y avait aussi un service de passagers avec quatre trains par jour, deux dans chaque direction.

Bateaux

Le lac Memphrémagog joua un rôle prédominant dans l’histoire économique pour toutes ses régions riveraines tant au Canada qu’aux États-Unis. Bien qu’à l’intérieur du continent, le canton de Potton a vécu une riche histoire de navigation. Avec les chemins de fer, le lac et ses bateaux assuraient les moyens de transport les plus fiables et les plus confortables, vu l’état incertain des premiers chemins.

Des 1797, Moses Copps le fondateur de Georgeville inaugurait un service de traversier entre son village qui s’appelait alors Copps Ferry et Knowlton’s Landing pour transporter les voyageurs de diligence entre Boston et Montréal via la passe Bolton. Sur une carte de Hiram Corey (1845), on y indique l’existence d’un «traversier à cheval» où les chevaux marchaient sur un plancher circulaire actionnant une roue à aubes (15). Durant l’hiver, un chemin sur la glace assurait la communication entre les deux rives.

De nombreux bateaux à vapeur ont sillonné les eaux du lac Memphrémagog. Mentionnons les principaux:

Le Mountain Maid (1850-1892) un vapeur à roue à aubes.

Le Lady of the Lake (1867-1917) (84), un vapeur à deux roues à aubes, devint célèbre. C’est Sir Hugh Allan qui le fit construire en Écosse. Le bateau traversa l’Atlantique en pièces détachées qui furent d’abord livrées au port de Montréal, puis à Sherbrooke par chemin de fer et enfin par voitures à cheval jusqu’à Magog où il fut assemblé et lancé en 1867. Ce bateau assura un service de traversier entre Magog et Newport au Vermont avec des points d’arrêt sur les deux rives du lac. Il fut en service durant cinquante ans, soit jusqu’en 1917.

D’autres bateaux ont aussi assuré le transport, soit commercial soit de plaisance. Ce sont le Minnie (1877-1881), un catamaran à vapeur à roue à aubes, et le Nora, le seul qui aurait coulé dans le lac. L’Anthemis (85), un vapeur à hélice, fut en service de 1909 à 1954 (Communication personnelle de Jacques Boisvert). Enfin, Hildteth (1905) illustre deux autres bateaux: le vapeur Yioco et la vedette “à gazoline” Island Queen. Dans Potton, selon Hildreth (1905), il y eut quatre débarcadères: Knowlton’s Landing, Ruisseau Château où il y avait un phare, Vale Perkins (3) et à l’hôtel Mountain House (96) au pied du mont Owl’s Head (Annexe 6).

Hébergement

À en juger par le nombre d’hôtels qui furent construits, le canton de Potton connut une grande popularité auprès des voyageurs et des villégiateurs. Au milieu du 19e siècle, l’économie de Potton se développait, invitant les voyageurs à y venir par affaire. En même temps, la mode de la villégiature prenait son essor chez les gens fortunés de l’extérieur. Le tourisme commençait!

Le lac Memphrémagog et l’environnement exceptionnel du paysage montagneux du canton de Potton offraient une opportunité de tourisme qui allait très tôt s’affirmer. Ainsi, l’hébergement dans Potton s’est manifesté par trois types d’établissements : les relais de diligence, les hôtels de village et les stations de villégiature.

Les relais

Dans le premier groupe on se souvient de deux relais, un à Knowlton’s Landing ou s’arrêtaient les voyageurs sur la route Montréal-St-Jean-Boston. Aujourd’hui, c’est l’Aubergine (14) à Dunkin, alors West Potton, le Wayside Inn (8) accueillait les voyageurs sur la route entre St-Jean et North Troy (Vermont).

Les hôtels de village

Plus tard, de nombreux hôtels furent construits mais presque tous ont brûlé. Mentionnons le Mansonville Hotel (24, 27, 28, 105) dans le village de ce nom dont l’origine remonte à 1836 où il fut ouvert par Christopher Armstrong. Le plan du village de 1864 (Annexe 3) montre un hôtel appartenant à J. Manson sur ce même site. Enfin, à l’endroit de la ferronnerie Giroux et Giroux actuelle il y eut un magasin (carte Walling de 1864, Annexe 3). Plus tard, probablement à la fin du 19e siècle, on y construisit un hôtel appelé le Windsor dont l’édifice devint une ferronnerie (91).

Highwater a connu de nombreux hôtels et cette prospérité fut sans doute reliée à la présence d’une gare, mais aussi à l’ère de la prohibition chez nos voisins du Sud qui trouvaient ici un endroit propice pour se désaltérer!

Parmi ces hôtels, mentionnons le Highwater Inn (106), le Stanley House (107), le Tourist Garden et le John’s T. House avec ses chambrettes construites dans le bois pour accommoder les clients du plus vieux métier du monde! Cet hôtel attira aussi de nombreux jeunes clients venant de l’autre côté de la frontière où l’âge légal pour entrer dans un bar était plus vieux. Enfin, on pouvait aussi y jouer une bonne partie de Black Jack.

Mentionnons aussi le Ufton Court à Vale Perkins (108). En 1915, la maison familiale de David Perkins fut transformée en maison de pension avec 14 chambres en plus de petits chalets qui pouvaient accueillir plus de 40 pensionnaires venant profiter du lac Memphrémagog. Cet endroit a aussi connu plus tard le Sugar Bar, un endroit très populaire.

La plupart des hôtels offraient à leurs clients: salle de danse et souvent des spectacles de variétés. Le soir, on faisait la tournée des hôtels jusqu’au petit matin. Et l’on recommençait le lendemain!

La villégiature

Potton connut la célébrité pour ses hôtels de villégiature renommés internationalement: soit le Potton Springs Hotel, The Mountain House et The Chateau da Silva.

POTTON SPRINGS

En 1828, Nathan Mills Banfill alors âgé de 14 ans travaillait dans un champ et voulant se désaltérer, chercha une source d’eau. Il tomba sur un petit rigolet d’une eau à l’odeur et au goût très particuliers. C’était une source d’eau sulfureuse. Au fait, il y en avait trois au même endroit.

Cette découverte devint célèbre et l’on vint de partout pour cette eau remède à tous les maux. On la buvait (103), on s’y baignait et l’on en rapportait avec soi. L’hôtel McMannis à South Bolton fit de bonnes affaires avec les “pensionnaires des sources”.

Le 4 juillet 1862, la source attira les hommes d’affaires des Cantons-de-l’Est pour une célébration de Potton Sulphur Spring et C.E Haskell de Stanstead la nomma officiellement “The Mount Pleasant Spring”. Ce nom official fut bientôt oublié! Enfin, ce fut en 1875 que l’endroit devint célèbre avec la construction du Potton Springs Hotel par N.H. Green. II fut plus tard acheté par J.A. Wright et agrandi vers 1912 (102). Les sources sulfureuses atteignirent une réputation internationale pour leurs propriétés curatives : maux de foie, de reins, d’estomac; problèmes inflammatoires, musculaires, etc. L’hôtel pouvait accueillir 75 personnes au prix de deux dollars par jour.

L’hôtel profita de la proximité de la voie ferrée du Orford Mountain Railway (plus tard acheté par Canadien Pacifique) et l’on y construisit une plate-forme couverte pour le confort des voyageurs (82). Les vacanciers-curistes venaient de partout : des États-Unis, de France, d’Angleterre, de l’ouest du Canada, de Montréal et, bien entendu, des Cantons de l’Est.

Les affaires allaient bien, mais l’affluence diminua à la fin des  années vingt et le Potton Springs Hotel fut probablement victime de la crise économique. J.A Wright vendit l’hôtel à E Larin en 1930 et un incendie, soupçonné criminel, détruisit le corps principal de l’hôtel le 12 décembre 1934. II faut se souvenir, qu’à ce moment, la place était fermée puisque l’endroit n’était exploité qu’en été (Taylor, 1937, O’Neil, 1989).

MOUNTAIN HOUSE

Cet hôtel de grand luxe, propriété de Charles D. Watkins de New York, était situé sur les rives du lac Memphrémagog au pied du versant sud de Owl’s Head. Une première construction érigée en 1845 fut détruite par un incendie en 1855. L’hôtel (95-96) fut reconstruit et offrit aux villégiateurs qui le fréquentaient un confort et des conditions de vacances tout à fait exquises (97).

L’hôtel n’était accessible que par bateau et les vacanciers s’y rendaient à bord des traversiers Mountain Maid et Lady of the Lake (84, 96). Sur place, les invités avaient 75 chambres avec eau courante à leur disposition. La salle à manger (98) donnait sur le lac et les repas étaient arrosés de vin, possiblement de la maison, car l’hôtel possédait son vignoble.

On pouvait aussi s’adonner au tennis sur gazon (100), jeu de boules sur gazon, croquet, à la pêche sur le lac (101) ou la randonnée en montagne vers le sommet de Owl’s Head. À l’intérieur, des divertissements variés agrémentaient la vie d’hôtel, dont une salle de billard (99). Enfin, en soirée, les invités pouvaient aller à l’opéra de l’autre côté du lac à l’entrée de la baie de Fitch Bay en traversant au moyen d’un petit bateau à vapeur (Communication personnelle de David Perkins).

Le 11 octobre 1899, un employé fit fondre du goudron sur le poêle de cuisine, puis l’oublia. Le feu se déclara et l’incendie détruisit l’hôtel qui ne fut jamais reconstruit. Nous devons au célèbre photographe William Notman de Montréal d’avoir photographié la vie à Mountain House aujourd’hui disparu ainsi que plusieurs autres endroits de notre région.

CHÂTEAU DA SILVA

Voilà un nom prestigieux pour un hôtel d’été qui ne fut exploité que quelques  années, car il fut aussi détruit par le feu. C’est un Montréalais francophone qui l’a construit dans les années 1870 sur le site actuel du camping Ruisseau Château à environ cinq kilomètres au nord de Vale Perkins. La carte Belden de 1881 (Annexe 1) y indique le nom de Revere House et la présence d’un hôtel et d’un débarcadère.

La vie dans Potton

On ne peut parler de l’histoire de Potton sans porter attention au développement socioculturel et religieux de la communauté qui est un reflet de la croissance démographique. Ainsi, selon les listes de recensements recopiées par Mildred George et conservées à la Société d’histoire du comté de Brome, la progression de la population dans le canton de Potton se présente comme suit :

Année Nombre de personnes
1796 287
1825 319
1842 795
1851 1707
1871 2178
1881 2380

Dans ce contexte, nous allons présenter un tableau sommaire de l’histoire des écoles et des églises de Potton.

Les écoles

Le canton de Potton a connu jusqu’à dix-huit écoles anglo-protestantes réparties un peu partout de façon à en faciliter l’accès aux enfants. Elles étaient identifiées par des numéros, mais la coutume devait ajouter un nom plus descriptif tel que Fidler’s ou Mansonville Station School qui était près de la gare de ce nom à Highwater, ou encore chez les francophones, Ste-Thérèse No. 4. II y eut neuf écoles catholiques francophones dont deux dans Mansonville. Les photos 109 à 119 illustrent écoles et élèves tandis qu’une liste des écoles anglaises et françaises est présentée en Annexe 5.

La première école date de 1807 et fut construite à la suite d’une pétition envoyée en 1802 par Henry Ruiter, James Poison, Benj. Barnett, Daniel Jones (41) et autres à Sir Gordon Drummond, administrateur général des provinces du Bas et du Haut-Canada. Elle était située à l’endroit de la maison actuelle de M. Fred Korman, un peu à l’est de la rivière Missisquoi près de Mansonville, sur le chemin de Vale Perkins. Une autre fut construite dès 1809 à Meig’s Corner.

II y eut aussi la Sweat School (No.7) (109) où enseignèrent les frères Luke L. et Henry C. Knowlton. Construite vers 1840, cette école servait aussi d’église et la salle de classe avait un chœur à l’arrière avec un lutrin qui servait de pupitre au professeur. Les élèves s’asseyaient sur de longs bancs pourvus d’une tablette pour écrire. D’autres bancs sans planche servaient à ceux qui ne savaient pas écrire! Quelque fût leur niveau scolaire, tous les élèves étaient dans la même classe.

La vie n’était pas facile pour les enseignants qui devaient se louer une chambre dans le voisinage, fendre le bois, chauffer et nettoyer l’école. On ne fournissait pas de balai et les élèves ramassaient des branches de cèdre ou de pruche pour les fixer sur un bâton.

Quelques-uns des professeurs qui ont laissé leur nom sont: Emma J. Paintin (No 6), Abner W. Kneeland (No. 6), Kate Magoon qui enseigna de nombreuses  années à l’école Jones à Vale Perkins (No. 12) (112, 114, 118). Elle était très disciplinée, et refusa un congé offert par l’inspecteur d’école, le Rev. E.M. Taylor, rétorquant que ses élèves avaient besoin de tout le temps disponible!

Ce n’est qu’en 1825 que le village de Mansonville connut sa première école construite sous l’influence de Robert Manson. En 1893 elle fut remplacée par Model School (113), nom qui fut changé pour Intermediate School en 1901 alors qu’on y offrait des niveaux scolaires plus avancés.

Dès 1890 on commençait à abandonner les écoles anglo-protestantes et, de dix-huit qu’elles étaient, il n’en restait plus que sept en fonction en 1935, témoignant ainsi de la diminution progressive de la population. Aujourd’hui, il ne reste qu’une seule école de langue anglaise de niveau primaire comptant environ 35 élèves. Alors qu’à la fin du 19e siècle la population anglophone diminuait, les francophones s’implantaient et occupaient les écoles anglophones abandonnées.

Les catholiques de langue française sont arrivés beaucoup plus tard dans Potton, soit vers 1860, et ils n’avaient pas d’écoles disponibles partout. Pour plusieurs de ces jeunes francophones l’école la plus près était de langue anglaise et de ce fait, ils perdirent la connaissance du français.

Il y eut neuf écoles francophones dans le canton de Potton dont deux, à Mansonville, où la première école catholique fut construite vers 1880. Elle était située à l’endroit de l’édifice de la Légion (128). Elle brûla et fut rebâtie sur le même site en 1922. L’ancienne église (1ère) servit aussi de pensionnat. Des religieuses, les Filles de la Charité, assurèrent l’enseignement de 1924 à 1956 dans cette école, puis jusqu’en 1965 dans la nouvelle école actuelle.

Les églises protestantes

Les pionniers de Potton étaient pour la plupart de religion protestante : des méthodistes, baptistes et anglicans. Avant la construction d’églises, on se réunissait pour la prière dans des maisons privées quand les ministres missionnaires passaient. Il est intéressant de noter que presque toutes les premières écoles servirent de lieu de culte et que les églises ne vinrent que plus tard. Ici, comparativement à d’autres régions de colonisation du Québec où l’on construisait d’abord une chapelle, on s’est assuré de voir à l’instruction avant la religion!

En 1844, la Female Benevolent Society of Potton, un regroupement crée à l’instigation des baptistes, encouragea la construction d’un lieu de réunion sans affiliation religieuse près du cimetière Chapel Hill à Meigs Corner. Cette église était encore en place vers 1880 (carte Belden, Annexe 1), mais elle a disparu depuis.

Pour donner une idée du climat social où devaient s’impliquer les ministres du culte, qu’il suffise de citer le Rev. Thomas Chapman dans son journal de 1849, traitant de la colonie de Mansonville. II rapporte que les Réchabites ont accompli du travail particulièrement bon dans Potton «…l’année dernière, c’était une des pires places de soulards et de dégradés qu’il ait connue,… un jour de congé on pouvait y voir trente ou quarante personnes dans le pire état d’ébriété ».

Le Rev. Chapman ajoute que la place est redevenue «sèche», que le nombre de maisons a doublé, et les gens ont été changés de brutes qu’ils étaient en des êtres humains (Shufelt, 1965). Ces observations contrastent durement avec les commentaires plutôt élogieux ou romantiques habituellement écrits au sujet du mode de vie des pionniers, mais ils étaient probablement réalistes pour ce village reculé.

En 1847-1848, les baptistes construisirent dans Mansonville une église (122) qui fut vendue à la Church of England en 1856 puis démolie et remplacée en 1902 par l’actuelle Église anglicane St-Paul (123). Cette construction d’époque en briques rouges est unique dans le canton. Les baptistes sont alors retournés à Chapel Hill et, plus tard, au nord du village, au coin du chemin West Hill (125).

Dunkin ou West Potton a connu deux églises construites vers la fin du 19e siècle, toutes les deux encore debout. D’abord, en 1876, le Rev. Elder Reynold fit construire la Evangelical Second Advent Church aussi appelée Union Church (126) et qui servit au culte jusqu’en 1960. À la même époque, on édifia une Église anglicane sous la houlette de l’archidiacre Kerr de Glen Sutton. Elle devint l’école de Dunkin en 1923, puis une maison privée en 1951.

Entre-temps, les méthodistes continuaient leur ministère un peu partout dans le canton se servant de maisons privées et d’écoles. En 1873, ils créent une mission à Mansonville et en 1879, la New Connection Methodist Church est construite sur le site actuel de la United Church qui fut reconstruite en 1894 (124) après le grand incendie de Mansonville le 3 mars 1893 (Bailey, 1973). C’est en 1925 que les méthodistes se fusionnèrent avec plusieurs autres dénominations religieuses pour former la United Church of Canada.

L’Église catholique

Peu après l’arrivée des premiers catholiques dans la région, de 1866 à 1880, on établit ici une mission desservie par les prêtres de Sutton. La première église catholique remonte à 1880 (127) et la paroisse connut son érection canonique et civile le 13 octobre 1890 sous le nom de St-Cajetan. La première église servira jusqu’en 1919, puis on en érige une plus grande (128-129) qui brûlera le 17 mars 1950 (134, 135). La première église fut déménagée en face et c’est maintenant la maison de la famille Carrier.

Les cimetières

Un peu comme les écoles réparties aux quatre coins du canton de Potton, ainsi en va pour les cimetières que l’on dénombre à au moins vingt, tous protestants sauf un. Les cimetières sont des témoins silencieux mais très éloquents de la vie passée. Bien entendu, on peut y retrouver ses ancêtres, leurs dates de naissance et de décès. Toutefois, une promenade dans les cimetières peut nous en dire beaucoup plus long.

C’est là que l’on peut voir combien la vie des pionniers était difficile. Pauvreté, misère, maladie ont accentué les taux de mortalité infantile. Plusieurs enfants mouraient à la naissance avec leur jeune mère. L’hygiène et la qualité de la nutrition ne seront appréciées qu’au 20e siècle lorsque l’on associera microbes et maladies.

En 1797 à Dunkin, le premier cimetière fut établi par Hendrick Ruiter pour y enterrer son fils de deux ans. Lui-même y fut enterré en 1819 à l’âge de 80 ans (9, 10). Le doyen de nos cimetières est probablement Charles Aiken décédé à l’âge de 104 ans et inhumé en 1962 dans le cimetière Ruiter Settlement à Dunkin (Gratton, 1993).

Le village de Mansonville possède deux cimetières, l’un en face de l’autre, un protestant et ancien, et l’autre catholique et plus récent. Ce dernier fut d’abord situé dans un champ sur le chemin «West Hill» puis déménagé à l’endroit actuel en 1925.

Certains cimetières comme ceux de Mansonville recèlent de nombreuses sépultures et sont toujours en usage. On y retrouve les noms des pionniers du village comme Robert Manson, le regrette Dr Henry E. Gillanders (59) et autres personnalités. D’autres endroits, par contre, n’ont que quelques sépultures comme celui de Potter et du Colonel William Burbank où ne se trouvent que deux pierres tombales. Enfin, la tradition orale mentionne ici et là des sépultures anonymes de défunts inhumés sans cérémonie, en forêt, comme les sœurs Kelly sur la terre des Jewett, ou derrière la maison sous un arbre qui, dit-on, attire la foudre à cause de cela. Seule la tradition se souvient d’eux.

Potton avant Potton

Cet essai sur l’histoire des débuts du canton de Potton serait incomplet sans référence aux Autochtones, les premiers occupants de ce territoire et qui ont laissé non seulement nombre de légendes qui ont été recueillies sur place et rapportées ici, mais aussi de nombreux vestiges, surtout de pierre, dont nous allons décrire quelques exemples ci-après.

Quelques légendes autochtones

Plusieurs légendes venues des Autochtones ou associées à eux sont parvenues jusqu’à nous et jettent aujourd’hui un peu de lumière sur un passé qui, en grande partie, a été effacé par la conquête de ces territoires par les nouveaux arrivants européens. Certaines de ces légendes se situent à l’extérieur du territoire du canton de Potton mais, elles font partie de notre environnement géographique et culturel.

Abénakis et Rogers’ Rangers

Après le massacre d’Odanak rapporté plus haut les Rogers’ Rangers étaient affamés et ne trouvaient pas de gibier. Ils se dispersèrent pour tenter de rentrer chez eux, mais furent poursuivis par les Abénakis. La légende nous rapporte deux affrontements. L’un se situe à l’intérieur du canton de Potton, dans la vallée de la rivière Missisquoi et l’autre sur le lac Memphrémagog.

Le premier incident aurait eu lieu au sommet du chemin Traver, non loin de l’ancienne ferme Bradley, où il y aurait eu des victimes et des prisonniers ramenés à Odanak pour y être torturés (Epps, 1992).

L’autre rencontre aurait eu lieu sur le lac Memphrémagog près de File Skinner où se trouve une caverne (138) à la pointe nord. La légende dit que les Rangers étaient encerclés et qu’ils se dirigèrent vers la caverne pour y trouver refuge. Les Abénakis, croyant la caverne habitée par un monstre lacustre en forme de serpent, se seraient enfuis non sans avoir essuyé le feu de leurs ennemis et subi des pertes (Stanstead Journal, 1863). Les Rangers furent donc sauvés par Memphré, le nom donné aujourd’hui à cette créature légendaire du lac Memphrémagog!

L’île Skinner tire son nom d’un légendaire contrebandier, Uriah Skinner, qui se serait servi de l’île pour cacher son butin, et de la caverne pour échapper aux douaniers, où, selon la légende, on aurait trouvé son squelette (Bullock, 1926). Cette caverne est aujourd’hui au niveau de l’eau, mais elle fut dans le passé bien à sec, car le niveau du lac a été haussé de plus de deux mètres. En 1825 il existait déjà un barrage sur la décharge du lac Memphrémagog à Magog et un autre encore plus élevé fut construit en 1883 par la Magog Textile & Print Co. (Gaudreau, 1995).

Winona

Un grand chef avait réuni sa tribu sur l’île Longue du lac Memphrémagog en vue de son mariage avec la belle Winona, «Esprit du Matin». C’est alors qu’arriva la prêtresse de l’île Mystique. Elle exigea que Winona lui soit livrée pour son chef Manitou qui habitait l’île Hantée, sinon tous les malheurs frapperaient sa tribu. Winona partie, le chef était désespéré et aucun cadeau ne pouvait le consoler. Un jour, lors d’une grande tempête sur le lac, il partit sur son canot blanc et on ne le revit jamais. Seul son canot fut retrouvé.

Après cette tragédie, on dit qu’une très grosse pierre est apparue à la pointe sud de l’île Longue et qu’elle était si bien balancée sur son socle que l’on pouvait la bouger de la main. Elle aurait été envoyée par les esprits de la région du portail du Manitou pour consoler la tribu affligée de la perte de son chef (Bullock, 1926). Encore au début du siècle, la «pierre balancée» était un des points d’intérêt du lac Memphrémagog (Hildreth, 1905) (139). Aujourd’hui, elle se trouve toujours là, mais quelqu’un ou les glaces l’ont détachée de son socle.

Owl’s Head

Le nom de cette montagne est associé au canton de Potton depuis très longtemps et sa légende bien connue. On la dit nommée en l’honneur d’un chef autochtone du nom de Hibou et que la forme du sommet de la montagne rappelle sa tête (Bullock, 1926). Pour les Autochtones, le nom de Hibou était probablement beaucoup plus prestigieux que simplement celui d’un oiseau, car au Pérou, on a retrouvé dans la tombe d’un roi inca un collier d’argent fait de petites têtes de hibou (Heyerdahl, 1990).

Une autre intéressante légende associée à Owl’s Head nous fut rapportée par Arthur Aiken et David Perkins. Cette montagne recèle du plomb et, au début du siècle, une mine fut exploitée (carte Belden, Annexe 1). On dit que lors de l’arrivée des premiers colons de Potton, les Autochtones connaissaient un dépôt de plomb au pied de la montagne du côté nord. Ils coupaient ce plomb à la hache et le troquaient avec les blancs à l’endroit aujourd’hui occupé par la marina de Owl’s Head. On n’a jamais connu l’endroit de cette cache et les Autochtones sont disparus avec leur secret. II s’agissait vraisemblablement de plomb natif, un terme qui décrit des dépôts naturels de métaux lourds à l’état pur.

Encore aujourd’hui, cette montagne garde un certain mysticisme alors que tous les ans, au solstice d’été, les francs-maçons montent au sommet pour leurs cérémonies d’initiation. Cette loge en plein air fut instituée en 1857.

La Roche indienne de Potton

Au pied de Owl’s Head, à Vale Perkins, se trouve la fameuse Roche indienne de Potton (136) qui intrigue les résidants depuis longtemps. II s’agit d’un effleurement rocheux le long du ruisseau Vale Perkins et marqué de nombreux pétroglyphes (inscriptions gravées sur la pierre) que personne n’a encore déchiffrés. On les a interprétés comme relatant un raid des Abénakis contre Vernon, une colonie anglaise au Vermont, survenu en 1755 (Auger, 1977). Cette interprétation n’est plus acceptée, mais nous reviendrons sur cette question un peu plus loin.

Le chemin Vale Perkins

On dit que ce chemin entre Vale Perkins et Mansonville suit un sentier de portage que les Abénakis empruntaient pour se rendre à la rivière Missisquoi et de là, jusqu’au lac Champlain et à l’océan Atlantique par la rivière Hudson. Au 18e siècle on appelait l’endroit «Carrying Place» (Shufelt, 1965, p. 17).

Le long du chemin Vale Perkins, M. Leverett Jewett a déjà trouvé deux intéressants artefacts : une pointe de projectile et un peigne ancien en métal.

Mont Beckie

Bien que située dans le canton voisin de Bolton, cette petite montagne fait partie du paysage de Potton en raison de sa forme de butte ronde située tout juste au nord du mont Pevee. Dans un poème, McNeil (1980) nous dit que les Autochtones y ont laissé un trésor au sommet.

Chemin du Lac près de ruisseau Château

Le long du Chemin du Lac, on peut voir un énorme bloc de pierre où selon la légende rapportée par Kenneth Jones, il y aurait eu là aussi un trésor autochtone. La recherche ne révéla ni or ni bijoux, mais un intéressant pétroglyphe qui s’avéra être un point d’observation pour les levers du soleil aux solstices d’hiver et d’été, des équinoxes et autres dates de fêtes anciennes (un site archeo-astronomique). Est-ce que c’était ça le trésor?

Mont Hogsback

À la base de cette montagne se trouve une ancienne mine de cuivre exploitée au début du siècle. Dans un secteur loin des anciens puits de mine se trouvent de nombreux monticules de terre ou de pierre qui, selon la tradition transmise par Larry Ethier, seraient des tombes «d’Indiens».

Chemin Fullerton

Dans un des coins les plus reculés du canton, on trouve dans la forêt un bassin rectangulaire creusé dans le roc que M. Lee Tinker a montré à l’auteur. Son père qui aurait plus de cent ans aujourd’hui l’a découvert et il en parlait comme d’origine autochtone.

La signification des légendes

Les légendes sont la mémoire des peuples et, à la lecture de ces récits, on voit que les Autochtones ont laissé une mémoire très vivante de leur passage. Les gens du canton de Potton ont été sensibles à cette tradition qui s’est perpétuée jusqu’à nous. Nous sommes reconnaissants à ceux qui ont recueilli et conservé ces légendes.

Quelques vestiges de pierre

La Roche indienne de Potton

On trouve dans le canton de Potton de nombreux vestiges qui ont depuis longtemps intrigué nos concitoyens sensibles à leur environnement. Qu’il suffise de mentionner la Roche indienne de Potton (136) connue depuis 1927 et qui continue d’alimenter les discussions. Elle fut découverte par David Perkins sur le bord du ruisseau Vale Perkins alors que, jeune garçon, il pêchait dans le ruisseau. Elle montre de nombreux pétroglyphes ou inscriptions gravées que plusieurs chercheurs ont essayé de déchiffrer.

Cette pierre fut appelée “Indienne” parce que l’on a présumé qu’elle avait été gravée il y a longtemps par des Autochtones. D’autres y ont vu la preuve du passage des Celtes dans nos régions à cause de la similarité qui existe entre certains caractères gravés et l’écriture Ogham qui fut utilisée dans les pays celtiques. Par contre, l’auteur maintient qu’il s’agit de caractères Ogham et qu’ils sont d’origine autochtone. Comment expliquer cette association culturelle avec une écriture ancienne d’outre-Atlantique? Ceci demeure un mystère à éclaircir.

Ces pétroglyphes ne sont pas uniques. On en a découvert de nombreux autres exemplaires sur le site Jones à Vale Perkins et ailleurs dans le canton de Potton,

Les cairns

D’autres vestiges très répandus dans Potton et qui suscitent beaucoup d’intérêt sont les innombrables monticules de pierres que l’on observe parfois en forêt, parfois en prairie, parfois au sommet de montagnes. On les a souvent interprétés comme des amas d’épierrage de champ, mais des recherches archéologiques ont démontré qu’ils sont des monuments anciens soigneusement construits. La plupart ont une pierre de quartz sur le dessus (137) et recèlent du charbon de bois ce qui suggère une intention rituelle.

Des fouilles ont permis de dater au radio carbone quelques-uns de ces monticules révélant des dates de 1800 et 1500 AA ( années avant aujourd’hui) dans la forêt White et de 400-600 AA au site Leigh-Smith sur le chemin Sugar Loaf (Leduc, 1991).

Nous pourrions décrire de nombreux autres vestiges d’origine humaine très ancienne, mais ceci fera l’objet d’une autre publication. Qu’il suffise de rappeler que nous faisons face à une dimension nouvelle de l’archéologie préhistorique qui suggère la présence dans nos régions d’une ou de civilisations autochtones culturellement et technologiquement beaucoup plus avancées que ce qui a toujours été reconnu pour les premiers habitants des Amériques. Ces sites sont de grande valeur et doivent être protégés.

 


Bibliographie

Anonyme. 1982. Histoire d’une paroisse, St-Cajetan, d’un village Mansonville, d’une Municipalité, Potton. Publié par un comité de citoyens. Mansonville. Qc. Can. 151 pp.

Archéobec. 1993. Inventaire du potentiel archéologique du site Jones (Bgfb-6), Vale Perkins, canton de Potton, automne 1992: le moulin, le dépotoir et le monticule de pierre. Société de recherche et de diffusion Archéobec. Montréal. 99 pp + annexe.

Auger, L. 1977. A tale was told at Potton Rock. Yesterdays of Brome County. Brome Co. Hist. Soc. Lac Brome, Qc. Can. Vol. 3. p. 40-49.

Bailey, M.F. 1973. A History of Mansonville United Church.Published by the author. Mansonville, Qc. Can, 77 pp.

Bullock, W.B. 1926. Beautiful Waters: Devoted to the Memphremagog Region. Memphremagog Press, Newport VT. 208 pp.

Bancroft, J.A. 1915. Report on the copper deposits of the Eastern Townships of Quebec. Department of Colonization, Mines and Fisheries. Quebec.

Darrah, L.J. 1977. Early mining in Brome County. Yesterdays of Brome County. Brome Co. Hist. Soc. Lac Brome, Qc. Can. Vol. 3.  p 188-198.

Epps, B. 1992. The Eastern Townships Adventure. Vol. I: A history to 1837. Pigwidgeon Press, Ayers Cliff, Qc. Can. 239 pp.

Gaudreau, S. 1995. Au fil du temps. Public par l’auteur. Magog, Qc. Can. 239. pp.

Gratton, A. 1993. R.I.P. dans Potton. Potton, hier et aujourd’hui. Association du patrimoine dePotton Inc. Mansonville, Qc. Can. p. 12-13.

Hildreth, D.W. 1905. Beautiful Memphremagog. Express & Standard,Newport, VT. Reissued in 1987, Pigwidgeon Press, Ayers Cliff, Qc. Can. 105 pp.

Leduc, G. 1991. No! Gladden and Royer didn’t build these stone mounds in Potton. New England Antiquities Research Association. XXV, p. 50-60.

Leduc, G. 1991. Potton on the Rock: Towards a new archeology inthe Eastern Townships. Yesterdays in Brome County. Brome Co. Hist. Soc. Lac Brome. Qc.Can. Vol. 8. p. 147-156.

Leduc, G. 1996. West Potton-Dunkin 1796-1996. Association du patrimoine de Potton Inc. Mansonville, Qc. Can. 9 pp.

Mackenzie, K. 1996. Indian Ways to Stagecoach Days. Pigwidgeon Press. Ayers Cliff, Qc. Can. 128 pp.

McNeil, M. 1980. Traver Road. Yesterdays of Brome County. BromeCo. Hist. Soc. Lac Brome, Qc. Can. Vol. 4. p. 143.

O’Neil, J. 1989. Potton Springs Hotel (p. 95) Dans Promenades et tombeaux. Libre Expression. 232 pp

Phelps, M.L. 1967. Valedictory for the “Orford Mountain Railway”. Yesterdays of Brome County. Brome Co. Hist. Soc. Lac Brome, Qc. Can. Vol. 1. p. 67-74.

Stanstead Journal, Oct. 10, 1853. Stanstead. Qc, Can. Skinner’s cave.

Shufelt H.B. and others. 1965. Glimpses of the Township of Potton  Mansonville. Lore and Legends of Brome County. Brome Co. Hist. Soc. Lac Brome Qc. Can. p. 54-61.

Taylor, Rev. E.M. 1937. History of Brome County Quebec. Vol. II. Brome Co. Hist. Soc. & John Lovell & Son, Montreal. Qc, Can. 297 pp.

Tremblay, L. 1986. Les débuts du canton de Potton. Rapport inédit du Ministère des Afffaires Culturelles du Québec, Service de l’aide-conseil. Québec, Qc. Can. 10 pp.

Remerciements

Nous désirons exprimer notre reconnaissance aux nombreuses personnes qui ont contribué à la publication de ce livre. D’abord nous désirons remercier les généreux donateurs pour leur contribution financière:

  • La Municipalité du Canton de Potton,
  • La Fondation des Townshippers,
  • Bois Champigny Inc.,
  • Giroux et Giroux Inc.,
  • Hunstman Chemicals Company of Canada,
  • Owl’s Head Development,
  • Pierre Paradis MAN Brome-Missisquoi.

Parmi les nombreuses personnes qui nous ont aidé à réaliser ce livre mentionnons Mme Marion Phelps, archiviste, de la Société d’histoire du comté de Brome pour son aide très précieuse aux archives et M. Jacques Boisvert de la Société d’histoire du lac Memphrémagog une mine d’information pour tout ce qui a trait à l’histoire du lac.

Brian Timperley, Peter Downman et Barbara Taylor ont dévoué de nombreuses heures à la correction des épreuves du texte anglais de même que Mme Hélène Trudeau et Mme Gertrude Leduc qui ont relu la version française. Nous apprécions grandement leur contribution pour cet exigeant travail. Jean Soumis nous a donné une aide inestimable. Un mot de remerciements est adressé à Andrée Gratton pour sa contribution à l’exposition de photos anciennes en 1996 au Studio R.C. de Magog pour le travail de photographie et à M. Gilles Chabot de l’lmprimerie CRM pour sa collaboration et sa patience.

L’Association du patrimoine de Potton remercie aussi tous ceux qui par leurs dons ont permis la réalisation de ce projet de livre.

Enfin mais non les moindres, de sincères remerciements sont adressés aux nombreux citoyens de Potton et d’ailleurs qui ont eu la générosité de partager avec nous de nombreuses informations sur la tradition locale ainsi que des photos anciennes. Sans leur généreuse collaboration ce livre n’aurait pas vu le jour!

Annexe 1

Carte routière du canton de Potton en 1881

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Annexe 2

Recensement du canton de Potton en 1796

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Annexe 3

Plan du village de Mansonville sur la carte Walling, 1864

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Annexe 4

– Liste des maires de la Municipalité du canton de Potton (Mansonville)

G.B. Rolleston 1855-1856
William Perkins 1857
Horace Green 1858-1861
Mark L. Elkins 1862-1865
Jas. Austin 1867
Robert Manson 1868-1873
Mark L. Elkins 1874
David A. Manson 1875
Mark L. Elkins 1876-1878
John Bisbee 1879
Levi A. Perkins 1880-1889
Rockwood J. Jones 1890
N.F. McKay 1891-1895
Nelson Boright 1896-1900
Lyman Knowlton 1901-1902
Simeon Sargent 1903
Jas. A. Peabody 1904
Leonard Bourne 1905-1908
Claude N. Boright 1909-1912
J.M. Manson 1913
Dr. E.H. Henderson 1914-1922
A.B. Bailey. 1923-1926
J.A. Giroux 1927-1930
A.B. Bailey. 1931-1934
J. Gédéon Giroux 1935-1938
Dr. Henry E. Gillanders 1939-1942
F.A. Jewett 1942-1944
L.P. Brouillette 1945-1948
H.W. Sullivan 1948-1952
Hilaire Picotte 1952-1956
Harry H. George 1956-1960
Adrien Laplume 1961-1964
Fred Korman 1965-1969
Adrien Laplume 1969-1973
R.B. Armstrong 1973-1977
André Marcoux 1977-1989
Jacques Marcoux 1989-1993
André Marcoux 1993-1997

Annexe 5

Liste des écoles françaises et anglaises dans le canton de Potton

Écoles françaises catholiques

  • Pensionnat tenu entre 1907 et 1922 par les religieuses dans 1’ancienne (1ère) église devenue la maison Carrier.
  • Couvent de Mansonville situé sur la rue Principale dans l’édifice de la Légion.
  • Maison située au coin du chemin Traver et de la route 243.
  • Chemin de 1’Étang Sugar Loaf au coin de Peabody (aujourd’hui disparue).
  • Chemin de 1’Etang Sugar Loaf près du lac. Cette école fut d’abord de langue anglaise et fut donnée à la Commission scolaire catholique avant 1889.
  • École Laliberté No. 5 située au coin des chemins Leadville et Laliberté.
  • École Ste-Thérèse No. 4 située sur le chemin Province Hill près du chemin Laplume.
  • École Christ-Roi No. 7 à Highwater. Maintenant une maison privée, 93 route de Mansonville.
  • Chemin Ruiter Brook près de la ferme Newell.

English Protestant Schools

(in History of Brome County, Vol. 2, by Rev, E.M. Taylor. 1937)

  • No. 1 West Potton-Dunkin. The “little red schoolhouse” operated from 1881 to 1923. It was moved to the Anglican Church and functioned until 1951.
  • No. 2 South Hill or Mansonville Station next to the railway station (Highwater).
  • No. 3 Province Hill near the covered bridge.
  • No. 4 Branch. So-called because it was located near a stream flowing into the Missisquoi River at Meig’s Corner.
  • No. 5 Mansonville. Later merged with the intermediate school.
  • No. 6 Blanchard’s located at the corner of Traver Road and Route 243. It was later used by the Catholic School Board.
  • No. 7 Sweat or Fidler’s. This schoolhouse (on Route 243, halfway between Traver Road and South Bolton) was built around 1840. It was large, had a choir loft at the back and served as a church.
  • No. 8 Garland. Was located on White Road on the west side and north from West Hill Road.
  • No. 9 Larned’s. Mr. Gerald Ratzer’s home on Fitzsimmons Road.
  • No. 10 Maxfield or Leadville on Owl’s Head Road.
  • No. 11 Owl’s Head, on Owls Head Road at the foot of the mountain.
  • No. 12 Jones or Vale Perkins at the corner of Peabody Road and Chemin du Lac.
  • No. 13 Gordon’s at the corner of Vale Perkins Road and Chemin Bombardier.
  • No. 14 Magoon’s School, later called Record’s, and still later the Turner School. On Peabody at the corner of Schoolcraft Road, The building was later moved on the next farm to the north on Schoolcraft Road.
  • No. 15 Located between Mansonville Station (Highwater) and North Troy line. Abandonned before 1889.
  • No. 16 Drew’s near Knowlton’s Landing. Abandonned before 1889.
  • No. 17 Sugar Loaf. Located on Sugar Loaf Pond Road near pond. It was later given (before 1889) over to the Catholic School Board.
  • No. 18 Queen’s Highway School. It was located on the Leadville Road towards Newport whichbore the name of King’s or Queen’s Highway.

Note:
There was also a school on West Hill at the corner of Fullerton Pond Road. Today it is a private house.

Annexe 6

Carte du lac Memphrémagog montrant le trajet des traversiers et les débarcadères

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Source : Beautiful Memphremagog, Hildreth (1905)

Photos

Les photos mentionnées dans ce texte peuvent être visionnées au lien suivant:
Catalogue de l’exposition de photos anciennes

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